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Le 5ème salon du blog culinaire se tiendra le 3ème weekend de novembre à Soissons. Cette année encore, j'y serai!

9 novembre 2009 1 09 /11 /novembre /2009 07:25
Aujourd'hui, c'est un billet un peu particulier. Pas de cuisine, mais des souvenirs. Parce que le 9 novembre 1989 est un jour qui m'a particulièrement marquée.

En 1989, j'avais 12 ans. A 12 ans, on ne se passionne pas vraiment pour l'actualité, on ne mesure pas toujours l'importance de ce qu'il se passe. Mais ce jour là, j'ai compris à quel point cet évènement était marquant.

En novembre 1989, j'étais en classe de 4ème, dans un collège franco-allemand.

Mon mur de Berlin ne se résume cependant pas au 9 novembre 1989.

En novembre 1988, j'étais allée à Berlin, en voyage organisé par le collège. Nous avions pris un train jusqu'à Strasbourg, puis un train militaire de nuit, pour rejoindre Berlin. 20h de voyage!  Je me souviens que nous n'avions pas beaucoup dormi dans ce train, trop excités à l'idée de traverser l'Allemagne de l'est, de voir "l'autre côté", depuis la fenêtre de notre train. Nous n'osions pas lever les rideaux des fenêtres du train, nous les avions donc entre-ouvert et regardions par une petite fente de quelques centimètres pour essayer de voler quelques moments à ce pays si mystérieux! Je me souviens que le train a passé un long moment en gare de Magdebourg, où des militaires faisait les cent pas sur le quai de la gare par ailleurs désert à 4 heures du matin. Nous n'avions pas vu grand chose de l'Allemagne de l'est, mais nous étions fiers de l'avoir traversée!
A Berlin, j'ai été accueillie dans une famille adorable, j'ai découvert un mode de vie différent. Et j'ai vu ce mur, cette frontière au sein de la ville qui la coupait en deux de façon absurde. Les rues, les boulevards, les metros, les lignes de bus, tout avait été coupé par ce mur. De l'autre côté, on voyait des immeubles dont les fenêtres donnaient juste sur le mur, on imaginait ces gens qui autrefois amis, familles, voisins se retrouvaient séparés par l'absurdité. Du coté où nous étions, le mur avait été peint, coloré, "embelli". Mais je l'imaginais bien gris de l'autre côté.



Le 10 Novembre 1989, mon père nous a réveillé plus tôt que d'habitude mon frère et moi, en nous disant de nous dépêcher de nous habiller pour aller écouter la radio. Au collège, le cours d'allemand a été consacré au mur, à sa chute, aux anecdotes. Le soir, nous avons regardé les informations, les gens attendant de pouvoir passer les frontières désormais ouvertes, la confusion du début, la fête toute la nuit dans Berlin, les sourires sur les visages, les berlinois debout sur le mur devant la porte de Brandebourg. Ces images très fortes, je ne les ai pas oubliées. Et j'imaginais la joie dans la famille de ma correspondante, qui comme toutes les familles berlinoises avait des amis et de la famille de l'autre côté.



En avril 1991, je suis retournée à Berlin, toujours chez ma correspondante, en avion cette fois. Et là, nous avons pu voir l'"est", la ville réunie, mais portant encore la trace du mur: des pans de mur étaient encore là, plus dans le centre, mais sur les extérieurs de la ville, le no mans land n'avait cependant pas été effacé. Nous avons pu sortir de Berlin, visiter les alentours. Je me souviens des "autoroutes" très désagréables et non asphaltées, des Trabant dont on disait qu'elles étaient fabriquées en cartons.

Je suis retournée une troisième fois à Berlin en décembre 1993. Le mur n'était plus physiquement là, mais laissait encore une entaille non comblée dans la ville.

Depuis la dernière fois où je suis allée à Berlin, la ville a beaucoup changé. Elle est redevenue la plus grande ville et la capitale de l'Allemagne, de nouveaux quartiers sont nés, là où le mur se dressait autrefois. Le mur semble avoir été effacé de la ville, quelques traces commémoratives subsistent cependant: marquage au sol, pans de mur, miradors, mais aussi de grands espaces sur le nomansland. Mais le mur est encore présent dans les pensées de tous ceux qui ont vécu sa chute il y a 20 ans.



Un jour, je retournerai à Berlin, sans reconnaître cette ville si particulière que j'avais vue pour la première fois en 1988.
J'ai gardé contact avec ma correspondante, Kaja. Elle vit maintenant à Meissen, et a une petite fille de 16 mois, nous nous sommes revues il y a quelques années, et nous nous écrivons encore.

Les photos qui illustrent ce texte sont libres de droit et proviennent de Wikipedia

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Published by encuisinectout - dans Blabla en tout genre
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commentaires

Angelina 10/11/2009 23:37


Merci pour cet émouvant et précieux témoignage et merci pour ton passage sur mon blog.


Tiuscha 10/11/2009 15:20


J'y étais en 1988 (et j'y suis restée un peu plus longtemps car on m'y avait volé mes papiers..) ; j'ai pu aller côté est une journée, le mur était gris en effet, mais les gens n'avaient pas l'air
particulièrement tristes ou désemparés. La ville y était assez belle, mais le truc qui m'a le plus déconcertée, c'est la parade absurde contre le chômage : casser les pavés qu'un autre s'empressait
de reconstruire juste après...


encuisinectout 10/11/2009 15:51


Effectivement quelle absurdité..... merci pour ton témoignage aussi


Domajj 10/11/2009 08:05


Beau et tendre hommage à la ville de Berlin et à ses habitants... merci, cela fait plaisir de voir que beaucoup de français s'intéresse à ce qui s'est passé en 1989 en Allemagne... Donc l'Europe
finira peut-être en cohésion...
Bonne journée et @ bientôt.
Bisous, bisous.

Domajj


yo 09/11/2009 20:19


quels souvenirs!!!


Acesse 09/11/2009 17:15


Merci pour ce bel article...


trinidad 09/11/2009 15:17


merci pour ce texte joliment écrit. c'est un jour marquant.


encuisinectout 10/11/2009 07:11


Merci, j'ai pris plus de temps a écrire ce texte que mes posts cuisine, mais j'y ai aussi pris beaucoup de plaisir


Delph 09/11/2009 12:17


Ton témoignage est important pour ceux qui n'était pas sur place pour témoigner. Comme tu le dis si bien, ce mur était l'absurdité même !!!


encuisinectout 10/11/2009 07:14


je pense que mon téoignage n'est pas grand chose dans l'histoire, mais tous ces petits témoignages et les anecdotes qu'on peut voir ici et la font aussi l'histoire de la chute du mur


Vanessa 09/11/2009 11:36


Merci Marjolaine pour ce joli récit.


encuisinectout 10/11/2009 07:11


Je suis ravie qu'il t'ait plu


papada 09/11/2009 11:17


Merci de nous avoir conté ces moments si particuliers puisque vécus et qui ne ressemblent donc à aucun autre, mais qui, mis à côté d'autres témoignages, nous font percevoir le goût et la saveur de
cet instant, de cette tranche d'histoire.
Le goût et la saveur, après tout, c'est comme sur un blog de cuisine non?


encuisinectout 10/11/2009 07:12


:):) jolie façon de revenir au thème du blog, tu as raison